ulysse trélat

Publié le par pdeconstanza

Le centre Hospitalier Ulysse Trélat (CHUT) s'est  appelé ainsi en 1966 puis centre de soins et d'hygiéne Mentale Ulysse Trélat (CSHMUT) , Centre Hospitalier Spécialisé Ulysse Trélat  (CHSUT)et enfin site Ulysse Trélat de l'établissement public de santé Mentale

 

Auparavant le site abritait  l'hospice des incurables (1907-1939) puis l'hôpital hospice suburbain de 1945 à 1958

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C'est en 1965 qu'est créé à Saint-André-lez-Lille le centre de soins et d'hygiène mentale Ulysse Tréliat (CSHMUT ou CUT). Il prend la suite de l'hôpital-hospice suburbain (1945-1958), lui-même héritier de l'hospice des Incurables (1907-1939).

Son appellation rend hommage aux aspects novateurs de l’œuvre d'un grand aliéniste du XIXe siècle.

 

Le conseil général du Nord acquiert l'établissement des hospices civils de Lille, dans le but d'expérimenter à Lille et dans sa banlieue immédiate, la politique de sectorisation psychiatrique, que la circulaire du 15 Mars 1960 vient d'officialiser. En 1974, le plan départemental de lutte contre les maladies mentales, l'alcoolisme et les toxicomanies confie au CUT la mission de desservir à titre définitif, les trois secteurs de Lille (59 G 22,59 G 23 et 59 G 24) et à titre provisoire, les deux secteurs de Denain (59 G 33 et 59 G 34). Cette mission est redéfinie au fur et à mesure du transfert

de la gestion des secteurs provisoires à Denain, de 1'982 à 1'996, et au moment de la création de

l'inter secteur de toxicomanie de Lille-Métropole (59 T 01), en 1994. Enfin, en 1998, le CUT fusionne avec le centre hospitalier de Lommelet pour donner naissance à l'établissement public de santé de Saint-André (EPS).

 

Les murs

 

A Saint-André, l'hôpital est construit dans un parc de deux hectares largement ouvert sur la ville. Au centre, le bâtiment principal, sur plan pavillonnaire, où l'influence du style 1900 n'est pas étrangère (Dubuisson - 1902-1906). I1 a été modernisé dans sa totalité en 1964, et à nouveau, pour partie, en

1987 et 1993-94.

A la périphérie s'élèvent les quatre cliniques, le centre social et le pavillon de l'administration, sobre reflet de l'architecture hospitalière des Trente Glorieuses (Delrue - 1970 - I971 et 1981).

 

Sur les secteurs, à Lille comme à Denain, le patrimoine immobilier n'a pas le caractère pérenne et parfois monumental de l'hôpital. Consultations médico-psychologiques et accueils thérapeutiques sont allés d'un lieu à l'autre, et les mètres-carrés, loués ou mis à disposition par les collectivités, ont beaucoup augmenté.

Le 174 rue de Wazemmes à Lille fait exception : cet hôtel particulier, datant de la fin du siècle dernier, sis sur la seule artère partagée entre les trois secteurs lillois - tout un symbole - et acquis par le CUT, associe désormais le centre de jour des Quatre-Chemins (1983)) et le centre d'accueil permanent Ilot-Psy (1992), tous deux intersectoriels. A Denain, les dispensaires de la place Baudin, maisons bourgeoises du début du siècle construites en enfilade, deviennent la référence majeure à côté des antennes de Bouchain, Douchy, Escaudain, Wallers....

 

A proximité de l'hôpital, l'Institut de formation en soins infirmiers occupe un bâtiment construit en 1981. 11 regroupe une école base (1966) et une école cadre (1984) et porte le nom de Georges Daumezon, en souvenir de ce célèbre pionnier de la sectorisation psychiatrique.

 

Les hommes

 

Le mérite revient aux médecins-directeurs, les docteurs M. Champion et H. Nicaise d'initier la politique de secteur et aux directeurs, MM. J.L Lesieur, J.J. Montagne, Mme O. Didier, MM. E. Svahn, J.M. Toulouse, J.C. Bué de l'appliquer. Et il ne faut pas sous-estimer le rôle tenu par Mme A Dams, cadre administratif, laquelle se voit souvent confier l'intérim de direction.

De leur côté, les présidents de commission médicale, les Drs J. Boulin, J.P. Provoost, M.H. Leborgne, M. Cabal, J. Bieder, J. Debiève, assurent pleinement leurs responsabilités. Cette politique est régulièrement approuvée par le conseil d'administration du cut, qui est présidé successivement par MM. M. Deplanck, G. Merheim, A.Valette, J.C. Dubus. Doit être mentionnée ici l'aide apportée, dans le cadre de la resocialisation par l'association Ulysse-Trélat, l'association de santé mentale du Valenciennois, l'association de santé mentale de Lille et l'association Germinai, toutes fédérées à

la Croix Marine. Les effectifs de personnel du CUT évoluent favorablement au fil des ans, même si l'on note un fléchissement quantitatif, à périmètre comparable à partir des années 1980, et un changement qualitatif à partir des années 1990. A l'origine, l'hôpital est correctement doté

Il bénéficie par la suite de l'expansion économique des années 1970. Mais les effectifs soignants sont réduits au début des années 1980 par le glissement de postes infirmiers et de surveillants au profit de l’école Daumezon, puis en 1994 par la transformation de postes infirmiers en postes d'aide-soignants.

Sur le plan qualitatif, lors de l'ouverture, le choix d'une équipe pluridisciplinaire est fait : médecins

spécialistes, infirmiers' assistants sociaux psychologues/psychomotriciens, que viennent aider des vacataires très spécialisés, tels les psychanalystes. Il est remis en cause dans les années 1990 avec

l'apparition d'ergothérapeutes, d'aide-soignants, d'aides médico-psychologiques. I1 est vrai que les changements de statuts des personnels' les contraintes budgétaires, la réduction du nombre d'intervenants extérieurs ne permettent plus le maintien du cadre unique infirmier. L’administration et le corps médical vont toujours au devant des revendications légitimes du personnel soignant, en particulier de celles des infirmiers, qui souhaitent une amélioration de leur formation et de plus

grandes responsabilités dans leur exercice professionnel. Ils n'ont pas attendu les textes officiels pour assurer un enseignement de qualité, Se soucier de la formation permanente et promouvoir les agents ; quant aux réunions de service et de pavillons, et aux cahiers d'observation du malade, ils anticipent dès 1966 les conseils de service et de soins infirmiers, et les dossiers de soins infirmiers,

officiels depuis la réforme de 1993.

 

Les soins

 

Au CUT, l'approche du malade est médico-psycho-socia1e. Les soins sont intimement liés à la prévention et à la post-cure, surtout sur les secteurs, et la vie institutionnelle est analysée dans chaque pavillon de l'hôpital, où la mixité est la règle depuis 1968. L'ensemble des soins dispensés augmente et se diversifie depuis trente ans. Ils connaissent un fléchissement à l'hôpital et un développement considérable sur 1es secteurs.

A l'hôpital, le nombre de lits d'hospitalisation temps plein passe de 367 en 7966 à 249 en 1998 (............... journées d'hospitalisation en ............., ........ en 1998). Quatre des cinq services sont restructurés (Denain-Bouchain et Denain-Wallers 1987, Lille-Sud 1992, Li11e-Est 1994) et l' intersecteur de toxicomanie existe depuis 1'994 (10 lits). L'hospitalisation de jour peut se faire soit à

Saint-André (20 places, aujourd'hui dispersées dans les différents services lillois), soit à Lille (25 places depuis 1997); l'une et l'autre de ces formules ont atteint leur rythme de croisière. L'hospitalisation de nuit, quant à elle, tend à tomber en désuétude (12 lits). Enfin, des appartements thérapeutiques et associatifs, gérés à Saint-André, mais situés à Lille ou dans sa banlieue proche fonctionnent depuis 1988 (36 places).

 

Pour Denain, les services hospitaliers ont été rapidement individualisés : service double de Denain-Douchy-Trith (1972), services jumelés de Denain-Bouchain et Denain-Wallers (1977), hôpital de jour Le Duquesnoy à Denain (1987), service des Quinze lits à l'hôpital de Denain (1991). S'inscrivent ici un regret et une joie : le grand regret que le nouvel hôpital de la Belle-Vue - et ses

deux services de psychiatrie - ne soit pas sorti de terre ; la joie que la totalité des lits et la totalité des malades soient enfin transférés du CUT vers l'actuel hôpital de Denain dans les prochains mois. Au total, l'équipement comporte 50 lits d'hospitalisation temps plein, 20 lits d’hospitalisation de jour, 14 places en appartements associatifs.

 

Il faut mentionner que le CUT doit faire face à trois reprises à des charges hospitalières exceptionnelles : transfert de malades venant de l'hôpital psychiatrique d'Armentières, alors que le taux d'occupation baisse au point de mettre en péril les finances .de l’établissement, dans les années 1970 ; internement (!) d'handicapés profonds, originaires du département du Nord vivant en Belgique depuis leur plus tendre enfance, qui, devenus adultes, se voient refuser la prolongation de leur séjour à l'étranger, à la fin des années 1980; prise en charge des "sans domicile fixe", dont le nombre augmente au fur et à mesure que Lille prend le visage d'une métropole et que la crise

économique s'aggrave, dans les années 1990....

L'activité ambulatoire est depuis toujours un des points forts du CUT et en a fait sa réputation ; la réunion des budgets hospitaliers et sectoriels en 1986 n'a été ici que de pure forme. Consultations et visites à domicile datent de la création de l'établissement (.............. en 1997).

Les interventions dans les hôpitaux généraux, hospices, maisons de retraite et autres établissements sanitaires et sociaux sont presque aussi précoces. Les centres d'accueil thérapeutiques à temps partiel naissent officiellement en 1986 (............... CATTP ....,, en 1997).

La première maison communautaire est inaugurée en 1990. Enfin, le centre d'accueil permanent de Lille ouvre en 1992 (2490 consultations, 5110 interventions téléphoniques, 67 nuitées en 7997). L'intersecteur de toxicomanie dispose, lui, de 25 places "méthadone" depuis 1997. Par ailleurs, depuis 25 ans, les activités denaisiennes se développent à un rythme aussi soutenu qu'à Lille.

 

Au-delà de ce double constat, fléchissement des prestations à l'hôpital, développement sur les secteurs, on précisera que les responsables du CUT optent dès 1970 pour l'intersectorialité (hôpital de jour 1970, départementalisation du Denaisis 1985, appartements thérapeutiques 1988, centre d'accueil à temps partiel 1992, Les Lilas unité pour polyhandicapés 1994). Ils tendent actuellement à l'élargir (tentative d'extension du CAP en 1993, intersecteur de toxicomanie 1994, expérience Diogène pour les malades en situation de précarité 1998...). Nul doute que la fusion avec le centre hospitalier de Lommelet permettra de confirmer cette pratique moderne de la psychiatrie. Cette même intersectorialité se retrouve dans le Denaisis, où f individualisation précoce des services hospitaliers et une parfaite connaissance du terrain ont permis une implantation remarquable des équipes, exceptionnelle pour la région Nord-Pas de Calais.

 

En résumé, évoquer le CUT c'est ressortir un cliché et ouvrir une page d'histoire. Le cliché sera emprunté à l'écrivain J. Berroyer : "Le Centre de Soins et d'Hygiène Mentale, cet hôpital assez coquet d'apparence, avec une large cour intérieure, des arbres et de la pelouse, un grand bâtiment en U comprenant huit unités qui abritent chacune une trentaine de personnes".

 

Quant à l'histoire, le temps en jugera. Mais, dès à présent, on peut écrire que si le CUT a pâti de certaines rigueurs administratives et contraintes budgétaires, sa chance a été d'avoir été fondé par des médecins missionnaires de la sectorisation, soutenus par des gestionnaires compréhensifs et des équipes ouvertes à tous les courants de la  psychiatrie. (texte Docteur M. CABAL 1998)

 

Sur la période 1990 à 1997, le nombre de lits d'hospitalisation complète de l'EPSM de SAINTANDRE est passé de

1013 à 773, soit une baisse de 23,7 %, et le nombre de lits d'hospitalisation partielle, de jour ou de nuit, de 149 à 184, soit une hausse de 23,5 %.
Ce mouvement, encouragé et relancé dans le début des années 90, par les autorités de tutelle, s'est inscrit dans le développement des structures alternatives à l'hospitalisation complète.


Il a été toutefois moins rapide que les évolutions constatées, sur la même période, aux niveaux régional et national qui ont été, respectivement, de - 43,1 % et de - 36,4 % pour les lits d'hospitalisation complète, et de + 77,5 % et + 25,3 % pour les lits d'hospitalisation partielle.


Cependant, le fait que l'EPSM de SAINT-ANDRE ait diminué très fortement, en 1998, le nombre de ses lits  d'hospitalisation complète de 773 à 575, et l'avance qu'il avait prise dans le mouvement de restructuration de ses activités, avant 1990, par rapport aux hôpitaux psychiatriques de la Région, le placent, en 1998, en position favorable au niveau régional....L'EPSM de SAINT-ANDRE rassemblait, en 1998, un total de 206 lits ou places pour l'ensemble de ces structures alternatives en psychiatrie générale, soit un ratio de 0,42 pour 1 000 hab. des secteurs, inférieur à la limite basse de la fourchette de l'indice national de besoins.


S'agissant de la psychiatrie infanto-juvénile, aucune autre structure alternative que l'hospitalisation de jour (39 places) ne met, à la disposition des adolescents de 16 ans ou moins, des lits ou des places d'accueil, si bien que  l'établissement se trouve, avec un ratio de 0,4/00, situé dans la partie  basse de la fourchette de l'indice national de besoins.
On peut relever enfin, en matière de structures alternatives à l'hospitalisation complète, non seulement l'absence totale de certaines d'entre-elles (ateliers thérapeutiques, hospitalisation à domicile, centres de crise et accueil familial  thérapeutique), mais aussi le très faible nombre d'autres structures (un seul centre d'accueil permanent et un seul centre de post-cure), ainsi que l'inégale répartition, entre les secteurs psychiatriques, du nombre de lits ou de places en hospitalisation partielle, certains secteurs apparaissant faiblement couverts en ce domaine (59 G12 à 59 G15), de même qu'en nombre de places en appartements thérapeutiques (59 G12 à 59 G15 et 59 G20).

  Rapport de la cour des comptes en 2000;

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